Note sur les moteurs électriques synchrone

Sommaire

Attention

Cet article est amené à évoluer et être complété.

Intro

Dans le cadre pro, j’ai réalisé une veille conséquente quant au pilotage de moteurs synchrones, du coup j’écris cet article comme un mémo. Je ne suis pas un spécialiste du contrôle moteur, encore moins de la conception de moteurs électriques, donc si vous trouvez une erreur n’hésitez pas à m’en faire part.

Je me suis intéressé à trois technologies de moteur synchrone:

  1. Les moteurs à reluctance variable (SynRM)
  2. Les moteurs à aimants permanents (PMSM)
  3. Les moteurs à reluctance variable assistés par aimants permanents (PMa_SynRM)

Attention, ne pas confondre les machines à reluctance variable (SynRM) avec les machines à double saillance (SRM).

Pour rédiger ce mémo, je me suis appuyé sur les travaux suivants:

Dénomination des différents type de moteur

Type de moteurAnglaisFrançais
Moteur synchrone à reluctance variableSynRM, SynRel ou SynRMSRV
Moteur synchrone à reluctance variable assisté par aimants permanentsPMa-SynRM ou IPM-SynRM??
Moteur synchrone à aimants permanentsPMSMMSAP
Moteur synchrone à aimants permanents intérieursIPMSM??
Moteur synchrone à aimants permanents en surfaceSPMSM??

Architecture des moteurs synchrone

Ces moteurs, qu’ils soient à aimants permanents ou à reluctance variable possèdent un rotor non bobiné et un stator composé de N phases. Dans mon cas, je ne m’intéresse qu’aux machines à trois phases (triphasé). Ces technologies se distinguent de part la constitution de leur rotor:

Composition d’un moteur synchrone

Illustration de la composition des rotors (thèse de Songklod Sriprang)

Sur le schéma ci-dessus, on retrouve les aimants permanents en violet et les barrières de flux sont indiquées par les zones blanches à l’intérieur du rotor. Comme on peut le voir, les machines MSAP ont un rotor avec N aimants permanent et sans aucunes barrières de flux. À l’inverse les machines à reluctance variable ne possèdent pas d’aimants mais ont N barrières de flux réparties tout autour du rotor. Entre les deux on trouve différentes nuances de ces deux technologies.

Je n’ai pas trouvé de tableaux détaillant exactement les avantages/inconvénients de chacune de ces technologies. Voici les informations que j’ai pu regrouper:

Type de moteurAvantagesInconvénients
SynRMabsence d’aimant, robustesse, indépendance à la températureencombrement, facteur de puissance, ondulation couple
PMSMTrès bon couple, rendement, encombrement, rapport poids/puissancecoûts, aimants permanents, sensible à la température, désaimentation
PMa_SynRMHaut rendement à haute et basse vitesse, moins oscillation de couple que SynRM pureaimants permanents

Équations et Models

Les équations suivantes, sont exprimées dans le repère dq0 obtenu à partir de la transformée de Park conservant les amplitudes (basée sur la transformée de Clarke).

Ces différentes technologies de moteurs sont régies par les mêmes équations:

avec:

: la vitesse de rotation mécanique du rotor (rad/s)

: la vitesse de rotation électrique du rotor (rad/s)

npp: le nombre de paires de pôles du rotor

: Le flux maximum de l’aimant (Wb) (Max Flux Linkage)

lié aux aimants permanents (égal à 0 pour les machines SynRM)

Bm: frottements visqueux liés au rotor

Jm: Moment d’inertie du rotor

Cr: Le couple résistant externe

Important

On trouve un lien entre et Ke (backEMF constant) la constante de tension liée à la fem tel que:

Ke doit être référencé entre phase et neutre.

Source: mathworks au chapitre “Alternative Flux linkage parametrization”.

On peut réécrire ces équations pour les mettre sous la forme dx/dt = … afin de pouvoir facilement les exploiter dans un modèle de représentation d’états:

Particularité MSAP

Dans le cas d’une machine à aimants permanents montés en surface, la saillance est nulle, c’est-à-dire que Ld = Lq. Dans ce cas l’équation de couple devient:

On remarque que le couple est directement lié à Iq et que le courant Id ne fera que générer des pertes.

Particularité SynRM

En ce qui concerne les machines à reluctance variable, elles ne possèdent pas d’aimants donc . Ce qui nous donne l’équation de couple suivante:

Donc le couple est proportionnel à Id x Iq.

Note: Changement de repère

Pour passer du repère triphasé au repère dq0 (repère du rotor), on utilise la transformée de Park, mais on peut décomposer ça en deux étapes:

abc (triphasé) –> (stator) –> dq0 (rotor)

En fonction de la transformée utilisée pour passer de abc vers :

Dans le cadre de la mise au point d’algorithme de régulation, il est plus intéressant de conserver les amplitudes que les puissances. Ainsi on a:

Attention:

Ces transformées ne sont utilisables que si les courants sont équilibrés. Ce qu’on suppose être le cas pour les moteurs cablés en étoile (le courant du neutre fictif est null).

Note: Les signaux PWM

Pour générer ces signaux, deux possibilités:

Commande des moteurs synchrone

Dans ce chapitre j’essaie de répertorier les différents modes de pilotage des moteurs synchrones. Il existe deux grandes familles de “méthode de contrôle”, la méthode scalaire et vectorielle.

Les différentes méthodes de commande

Pour l’instant, je ne me suis intéressé qu’aux méthodes scalaire et FOC. Mais la méthode DTC semble aussi intéressante, en particulier par le fait qu’elle ne nécessite pas de connaitre la position du rotor (on travaille dans le repère du stator).

Je ne me suis intéressé qu’à la commande en vitesse de ces moteurs.

Moteur à Aimants Permanents

J’ai trouvé deux manières de piloter les MSAP:

  1. En boucle ouverte via la méthode Vbyf constant
  2. En boucle fermée en contrôlant Id et Iq

Scalaire: VbyF

Le principe de cette commande est de maintenir un ratio constant entre l’amplitude et la fréquence de la tension de chacune des phases. Ce post sur le forum NXP explique de manière détaillée les principes de ce mode de commande pour un moteur synchrone à aimants permanents.

Schéma de la commande scalaire

Remarque suite à mes essais en simulation

J’ai fait de nombreux essais de simulation sur un moteur MSAP avec ce mode de pilotage.

  1. La stabilité du moteur n’est pas garantie et atteindre sa vitesse nominale sans connaitre la position du rotor peut être impossible. En effet, si la différence entre la position estimée du rotor et sa position réelle est trop grande, le moteur devient instable. Il est possible d’améliorer nettement la stabilité de ce dernier en utilisant la position réelle du rotor (nécessite un capteur) pour la transformée dq0 inverse à la place de la position souhaitée.

  2. Ce mode de pilotage ne permet pas de contrôler les courants Id et Iq. De ce fait, si on ajoute un couple résistant sur le rotor, le courant Id s’envole et Iq plafonne à des valeurs assez faibles. Or le couple d’un MSAP est directement proportionnel à Iq. Donc on se retrouve avec un rendement désastreux.

Iq & Iq SynRM VbyF

Commande vectorielle FOC

La commande vectorielle FOC consiste à asservir Id et Iq afin de minimiser les pertes dans le moteur. Comme on l’a vu précédemment, dans le cas d’une machine à aimants montés en surface, seul Iq permet de générer un couple. On va donc chercher à minimiser Id et maximiser Iq.

Commande FOC

Commande vectorielle DTC

Sujet à creuser. Mais pour faire simple d’après Wikipedia:

Moteur à Reluctance Variable

Commande scalaire VbyF

J’ai trouvé assez peu d’informations sur ce mode de pilotage pour une MSRV. Le peu que j’ai trouvé indique que ce mode de pilotage entraine d’importantes oscillations du couple et donc de possible instabilités du moteur.

Commande vectorielle FOC

Comme pour le moteur MSAP on cherche, avec ce mode de contrôle, à asservir les courants Id & Iq. Mais contrairement à la MSAP pour les machines à reluctance variable, le couple est proportionnel à Id & Iq.

Note

On note l’angle correspondant à

Il existe donc différentes méthodes de régulation de ces courants:

  1. MTPA: Maximum Torque Per Ampere

    Cette méthode consiste à fixer l’angle . Elle fonctionne pour les vitesses de rotation inférieures ou égales à la vitesse nominale.

  2. MTPW: Maximum Torque Per Weber (parfois aussi noté MTPV –> V pour volt)

    En mode MTPW on fixe soit . Ce mode de pilotage permet de piloter le moteur à une vitesse supérieure à sa vitesse nominale.

  3. MPFC: Maximum Power Factor Control

    Je ne suis pas entré dans les détails de ce mode de pilotage qui consiste à calculer Id & Iq de façon à obtenir le facteur de puissance désiré.

Bilan

Ces trois techniques ont des performances similaires. MTPW et MTPC permettent de réduire légèrement l’oscillation de couple par rapport à MTPA.

Commande vectorielle DTC

Idem MSAP.

PMa-SynRM

Commande scalaire

Je n’ai encore rien trouvé à ce sujet.

Commande vectorielle FOC

Je n’ai trouvé qu’un exemple basé sur MTPA. Attention, MTPA pour un moteur PMA-SynRM ne correspond pas à la même méthode que pour les moteurs à reluctance variable!

Pour résumer, cette méthode vise à maximiser le couple et minimiser les pertes par effet Joule:

On peut donc exprimer les pertes en fonction de Iq:

Ensuite à partir de la dérivée de cette fonction par rapport à Iq et grâce à la méthode de Newton-Raphson, on peut déterminer la valeur optimale de Iq en fonction du couple souhaité.

Enfin on calcule Id à partir du Iq optimal via:

Pour l’implémentation sur cible, soit on arrive à mettre le résultat sous forme polynomiale, soit on fait une table de référence.

Position du rotor

Comme on a pu le voir dans les précédents chapitres, la connaissance de la position exacte du rotor est cruciale dans les algorithmes FOC. Il faut donc répondre aux deux problématiques suivantes:

  1. Comment calibrer le capteur de position
  2. Comment faire pour se passer de capteur de position

Calibration de la position du rotor

TODO

Rotor sans capteur

TODO